Country à l'anglaise Un peu de folk hippie, un peu de lyrisme rock et un poil de mélodies limpides, Mumford & Sons tient plutôt bien la route.
Aux premières mesures, on se croirait chez Fleet Foxes. Puis soudain le carcan se fendille. La voix renie les pastorales, se veut plus emphatique, à la façon d'un Michael Stipe éduqué en Albion. Enfin, le feu d'artifice finale ose un lyrisme assumé, ample mais sans grandiloquence, à la manière d'Arcade Fire.
Avec ce cocktail, les Anglais de Mumford & Sons ont des beaux jours devant eux. Et un contrat chez Island dans la poche déjà. On ne s'en plaindra pas, tant Sigh No More, leur premier album, tient bien la route, dans la ligne actuelle mais avec une réelle qualité d'écriture.
D'un genre à l'autre Ancien frontman de Shai Hulud, Geert van der Velde préfère aujourd'hui les pastorales pop-folk au explosions post-hardcore.
The Black Atlantic - Fragile Meadow
Vous en connaissez beaucoup, vous, des groupes hollandais? Des bons comme des moins bons, hein. Si oui, arrêtez votre lecture ici et citez-en cinq.
Difficile, n'est-ce pas?
Pour ma part, de tête et sans tricher, je dirais: The Nits, The Ex, Alamo Race Track et... The Zzz (oui, j'ai dit bons comme moins bons). Et encore, ça ne m'en fait que quatre (à tout hasard, Armand van Helden, c'est un peu un nom hollandais, non?).
Heureusement, grâce à The Black Atlantic, j'en ai désormais six. Six? Vous lisez bien, oui. Car en découvrant ce joli groupe de Gröningen, je découvre également l'existence des "légendaires" Shai Hulud, groupe de la scène post-hardcore dont Geert van der Velde fut le chanteur, avant de fonder The Black Atlantic.
Ceci dit, à la première écoute de Reverence for Fallen Trees, on pense plutôt à un groupe du Nord. Au choix un projet pop-folk nordique façon Efterklang où un Américain triste parti s'isoler dans une cabane comme Bon Iver. Car même si The Black Atlantic n'a ni le goût pour la complexité des premiers, ni le génie démiurge du second, les ambiances acoustiques et gentiment ludiques tressées par le groupe hollandais parviennent à créer une aura au magnétisme léger et brumeux à la fois.
Hantées sans en faire trop, évanescentes sans tomber dans la transparence, composites sans perdre en homogénéité, les ballades de The Black Atlantic touchent sans en avoir l'air, appellent à revenir vers elles sans faire de manière. Et aboutissent à un mélange lumineux entre fausse mélancolie et fausse simplicité mis au service d'une limpidité ouatée immédiatement touchante, voisine du Home de Peter Broderick ou du House With No Home de son comparse Horse Feathers. Pas forcément original, mais parfaitement maîtrisé dans son songwriting, Reverence for Fallen Trees est ainsi l'une des jolies surprises de cette fin d'année. Et comme en plus on peut télécharger gratuitement et intégralement l'album sur le site du groupe (ou sur celui du label Beep Beep), vous n'hésiterez pas à vous y plonger, histoire de connaître un (bon) groupe hollandais de plus.
The Black Atlantic Reverence For Fallen Trees Beep Beep/Irascible
Jeux de mains, jeux de... Qui sera le premier à écrire une chanson sur la main de la "grenouille" Thierry Henry?
Si vous lisez L'Hebdo, vous l'avez peut-être remarqué. Et sinon, vous allez l'apprendre. Le journaliste musical cache parfois un journaliste sportif. Depuis quelques semaines, votre serviteur sillonne les courts et les terrains de Suisse pour le magazine qui l'emploie. Effet de la crise? Lassitude du rock? Besoin de changer d'air? Un peu de tout ça et rien de tout ça aussi. Juste l'acceptation d'une autre passion, pas toujours avouable.
Cela suffira-t-il à m'offrir un billet pour l'Afrique du Sud? Rien n'est moins sûr. Ce qui est sûr, c'est que la France, elle, a gagné son ticket, face à une équipe d'Irlande bien plus valeureuse. Et fait couler beaucoup d'encre depuis, suite à un but qualificatif entaché d'un hors-jeu et, surtout, d'une main de Thierry Henry. De là à écrire "Les mains en l'Eire, c'est un hold-up" ou que "Raymond Domenech va demander la main de son buteur", il y a un pas rapidement franchi. Reste à attendre qu'un groupe de rock ponde son Touched by the hand of frog. Et en attendant, découvrez - ou redécouvrez - cinq coming out footballistiques tirés du monde du rock. A vous de retrouver quels rapports entretiennent ces chansons avec le ballon rond.
Dans la presse actuelle, la critique se cantonne parfois à sa portion la plus congrue. Le tour d'un disque en 350 signes, exercice de style et de voltige. Cette semaine Air.
Roi de la french touch au début du siècle, le duo versaillais est retombé de haut depuis. Et ce nouvel album ne résout rien. Voix trafiquée, synthés éthérés, flûtes et saxophones à l’arrière-plan, la tambouille gentiment psychédélique de Air n’est bonne que pour sonoriser les voyages en ascenseur. Et à ce tarif, on vous recommande de passer par l’escalier.
Y a pas photo. J'ai écouté des milliers de chansons cette année et aucune ne m'a scotché comme celle-ci. Et pourtant... J'ai essayé de résister, j'ai fait la fine bouche, je l'ai entendue massacrée sur scène, mais j'y reviens toujours, pris dans cette transe où se télescopent basses maousses, rythmes tribaux, choeurs beach-boyesques et synthés technoïdes. Rien à faire. In The Flowers restera ma claque 2009 et peut-être même plus, morceau aux allures de feu d'articice sonore quand soudain tout se met en place après 2 minutes 30. Cette vidéo aussi bout de ficelles que la chanson est un bijou de production a finalement des airs de piqûre de rappel inutile...
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