
Les habituées et les habitués du Bourg ont peut-être découvert Jono McCleery un soir d'avril 2008. Certaines et certains, moins attentifs, se sont peut-être rattrapés comme moi durant une soirée d'août de la même année, au For Noise. D'autres, enfin, ont peut-être fait sa connaissance l'automne dernier, suite à la parution du très bon There Is. Et pour celles et ceux qui n'auraient pas encore écouté le musicien anglais, l'occasion leur est offerte de se rattraper le 10 février, pour un retour au Bourg, qui promet un concert intimiste et habité.
Quant à moi, je vous propose une interview express avec le musicien, histoire de revenir un brin sur la mue entre Darkest Light et There Is, son évolution d'un folk classique à un songwriting plus composite.
Que s'est-il passé entre ton premier et ton deuxième album?
Après la parution de Darkest Light, j'ai signé chez Ninja Tune, élargi mon spectre musical et écouté beaucoup de jazz et de musiques électroniques. En toute logique, l'enregistrement de There Is s'en est ressenti. Cela a pris du temps et le projet s'est étendu à mesure que nous avancions, jusqu'à devenir quelque chose de très ambitieux, intégrant des instrumentations live, des programmations électroniques et de l'improvisation. J'avais clairement pris une nouvelle direction.
Reste que ton premier album était très proche d'une certaine tradition folk anglaise. Alors qu'aujourd'hui, tu te rapproches plus de la scène folktronica. Comment s'est fait cette mutation?
C'est en partie grâce à Ninja Tune, qui m'a encouragé à travailler avec un producteur electro. Mais c'était également une opportunité pour moi de tenter quelque chose de plus expérimental. Quelque chose qui m'aurait permis d'exprimer mon intérêt pour le jazz et la contrebasse.
Tu as pas mal tourné avec Fink et tu es afiflié au même label que lui, Counter Records. Est-ce que ce sont des influences pour toi?
J'ai toujours été un grand fan des albums de Fink, Bonobo ou Cinematic Orchestra. Donc entrer chez Ninja Tune ou tourner avec eux n'a pas changé grand-chose. C'était juste un immense plaisir de pouvoir être affilié à ces musiciens.
Sur There Is, tu reprends le vieux tube de Black, Wonderful Life. D'où t'es venue cette idée et comment as-tu procédé pour réussir cette reprise?
Durant une tournée, j'ai entendu Wonderful Life avec des oreilles nouvelles, comme si c'était la première fois, d'une certaine manière. Ce qui est très difficile avec ces chansons qu'on a l'impression de connaître depuis toujours. Et j'ai soudain compris le sens des paroles, ce qui m'a donné l'envie d'en faire une reprise. L'idée était de rester proche de la mélodie originale, tout en essayant de lui donner une émotion complètement différente. Je crois que j'y suis arrivé... du moins, j'en suis satisfait.
Vashti Bunyan est présente sur un titre de There Is (Only) et avait déjà contribué financièrement à la production de Darkest Light. Quelle est votre relation avec elle?
Il y a plusieurs années, un ami m'a fait découvrir Just Another Diamond Day, dont il possédait le vinyle. J'ai vraiment aimé ce disque et j'ai eu envie de la contacter pour lui faire écouter mes chansons. J'ai eu pas mal de chance, car au moment où je l'ai contactée, elle était en train de songer à faire rééditer cet album. Par la suite, elle a toujours été un incroyable soutien pour moi, des mes premiers pas sur scène jusqu'à aujourd'hui.
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