Après le Nashville rêvé de Stuart Staples hier, voici celui plus incarné de Lambchop. De la même manière qu'avec le leader de Tindersticks, on peut légitimement se poser la question de savoir ce qu'un nouvel album du groupe de Kurt Wagner peut apporter. Pourtant, ce serait lier de manière absurde l'idée d'utilité à la musique.
Sans chambouler l'univers de Lambchop, Damaged s'impose comme l'un des albums les plus tristes du groupe. Mais attention, jamais cette tristesse ne fraye avec un pathos trop exposé. La mélancolie s'étend sans jamais peser, parfait mélange de détresse et de soucis mélodique. Une subtilité qui doit autant au talent de songwriter de Wagner qu'aux bulles ambient qui nouent les morceaux entre eux, offertes au groupe par leurs amis de Hands Off Cuba.
Au final, on devine uniquement le malheur et la révolte - en un souffle sur l'ultime chanson de l'album, The decline of country and western civilization - qui habitent le disque. Lambchop recouvre cette histoire d'un voile de mystère fin mais suffisant pour brouiller les pistes. Beau disque, grand groupe.
Lambchop
Damaged
City Slang/TBA
(Chanson écoutée: Crakers)





























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