The National - Fake Empire
Deux ans après Alligator, The National revient avec Boxer, son quatrième album. Moins électrique que par le passé, le groupe américain joue avec subtilité des contrastes, inventant une pop feutrée et enfumée, sur laquelle se greffe quelques sursauts énervés.
Une formule qui transforme les mélodies de The National, leur apportant rugosité et aspérités, nécessaires pour éviter la redite. Bien sûr, on pense à des Tindersticks un brin plus rythmés, ou encore à Kurt Wagner de Lambchop pour la voix, mais un souffle plus personnel libère ces compositions. Une prouesse notamment rendue possible grâce à des arrangements, où cuivres et cordes se frictionnent, trouvant l'équilibre entre inspiration classieuse et tension vers la dissonance.
Morceau d'ouverture, Fake Empire évoque presque un effet d'annonce, tant il porte en lui les éléments majeurs de ce qui va venir. Dépouillée en un duo piano/voix, l'introduction joue le dénuement lyrique, la mélancolie sous un voile de velours. Puis, avec l'apparition de la batterie, ce romantisme froid laisse place à un léger souffle épique, gonflé encore par l'entrée de la basse et d'arrangements obsédants. Une petite perle noire, à l'image de ce Boxer à l'abrasivité rampante.















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