Les menteurs disent la vérité, rien que la vérité
Dix-huit mois à peine après Drum's Not Dead, Liars pointe à nouveau le bout de son nez avec un quatrième album éponyme, plus direct et varié que son monolithique prédécesseur. Oubliés les disques à concept, les déstructurations à la Einstuerzende Neubauten et les rythmiques tribales: le trio new-yorkais retrouve l'efficacité rock de They Threw Us In A Trench And Stuck A Monument On Top, sans renier son souffle électrique.
Sans filet et sans blabla, les "menteurs" se présentent sans artifice pour leur album le plus honnête. De l'obsédant premier single Plaster Casts Of Everything au plus tortueux The Dumb In The Rain, Liars s'impose comme un album varié, lorgnant aussi bien vers la pop saturée de Jesus And Mary Chains que vers une électronique éthérée, tel l'envoûtant Protection qui clôt l'album. Entre influences assumées et bruitisme décomplexé, Liars n'a plus besoin de se cacher sous des concepts protecteurs. La vérité toute nue enfin? Interview avec Angus Andrew, chanteur du groupe:
Ce nouvel album vient très tôt après Drum's Not Dead. Qu'est-ce qui vous a poussé à aller si vite?
En fait, nous essayons toujours d'aller aussi vite que possible entre deux albums, car nous prenons vraiment du plaisir à faire de la musique et composer des chansons. Mais cette fois-ci, Mute nous a laissé sortir l'album droit derrière Drum's Not Dead. Dans l'idéal, nous aimerions bien pouvoir toujours enregistrer aussi vite, pour pouvoir arriver à un résultat frais.
Ce qui frappe dès la première écoute de cet album, c'est sa dimension directe, très éloignée des structures complexes de Drum's Not Dead ou They Were Wrong So We Drowned. Etait-ce une nécessité pour vous de revenir à quelque chose de plus simple?
Sur nos précédents disques, nous avions échafaudé des concepts, transformant l'album en une unité réelle. Ce procédé nous a aidé à construire ces albums, car habituellement nous choisissions le thème et composions ensuite autour de celui-ci. C'était aussi une manière pour l'auditeur d'aller dans la direction de la musique. Cette fois-ci, par contre, nous voulions revenir à quelque chose de plus direct, créer une musique sans trop la penser. En un sens, il fallait que les chansons parlent d'elles-mêmes.
Est-ce à cause de cette envie de laisser la musique parler d'elle-même que l'album n'a pas de nom?
Exactement. D'habitude, nous prenions un malin plaisir à trouver des noms à rallonge en lien avec le concept de l'album. Mais au final, nous nous sommes demandé si ce genre de titres ne sonnait pas comme un mode d'emploi qu'on imposerait à l'auditeur. Ou une manière d'expliquer notre idée de la musique contenue sur l'album. Avec ce nouvel album, nous laissons chacun libre de définir notre musique. En ce sens, le titre est parfait (rires).
Avec cet album, nous voulions revenir à quelque chose de plus direct, créer une musique sans trop la penser. Il fallait que les chansons parlent d'elles-mêmes.
Ce refus de concept ou d'artifice tranche clairement au sein de votre discographie. Qu'est-ce qui a motivé ce revirement?
Paradoxalement, c'est sans doute grâce à ces concepts que nous avons choisi de changer de direction. Après un album comme Drum's Not Dead, centré autour de la batterie, la première chose qui nous est passé par la tête c'était l'envie de revenir à quelque chose de plus fun avec plus de guitares. De plus, c'était en quelque sorte un challenge de travailler ainsi. Utiliser des concepts pour bâtir un album c'est comme se préserver un filet de sécurité. Cette fois-ci, nous avons osé nous lancer sans filet. D'une certaine manière, on peut dire que ce nouveau disque est notre album le plus honnête. Un constat qui tient aussi au fait que nous laissons clairement transparaître nos influences, alors que jusque là on pouvait penser que nous cherchions à créer une musique qui nous permette d'être classé en marge de la scène rock. Avec cet album nous assumons nos influences et les groupes que l'on aime écouter, qu'il s'agisse de The Cure, Jesus And Mary Chains ou Led Zeppelin.
Justement, en plus de son côté direct, ce nouvel album se révèle nettement plus varié que vos précédents efforts…
En renonçant à élaborer un concept qui engloberait l'album, cela nous a permis de laisser les chansons exister indépendamment les unes des autres. Nous n'avons pas cherché à parler entre nous des morceaux pour les lier ensemble, mais avons préféré les concevoir comme des entités séparées. D'une certaine manière, chaque chanson est un single ou du moins peut exister individuellement du reste de l'album. Un autre élément qui explique cette diversité découle de notre manière de composer. Aaron et moi travaillons chacun de notre côté, lui à Los Angeles et moi à Berlin. Cet éloignement géographique et cet forme d'isolement fait que nos compositions prennent des directions différentes.
Drum's Not Dead était accompagné d'un DVD proposant trois transpositions différentes de l'album en vidéo. Avez-vous songé à proposer le même traitement pour ce nouvel album?
En fait, ce DVD était aussi une manière d'offrir quelque chose de plus à ceux qui ont acheté le disque. Comme nous avons cette fois-ci travailler de manière plus simple, ce concept ne collait pas vraiment à cet esprit et nous n'avions de toute façon pas le temps de le réaliser. Néanmoins, nous allons proposer de petites vidéos pour chacune des chansons, car nous sommes toujours très intéressés par cette dimension visuelle. Il s'agira de clips de 30 secondes visibles gratuitement sur notre site et réalisés par Patrick Daughters. Ce qui est aussi une évolution pour nous, car d'habitude nous nous impliquons dans tout ce qui entoure l'album. Alors que cette fois-ci, nous avons laissé le réalisateur totalement libre et nous sommes cantonnés à faire les acteurs.















Ce clip est monumental!!!
Un mélange de Tarantino et Chris Cunningham (bon....la comparaison n'engage que moi).
Et ce concert à Pully...mon dieu!!!!! Vraiment génial.
C'était très drôle de voir les tronches des gens dans le public en train de se dire "Qu'est-ce que c'est que ce truc???".
Dommage que je n'ai pas pu le voir jusqu'à la fin, scène Abraxas oblige...
Rédigé par: tyler | 16/08/2007 at 08:33