10 Thee More Shallows - Books Of Bad Breaks (Anticon/Irascible)
Modestes en apparences, les
bricolages de Thee More Shallows sont de ceux qui squattent les platines à long
terme. Rappelant la pop lo-fi de Grandaddy comme les bidouillages touchants de
The Notwist, ce troisième album du groupe de San Francisco est un bric-à-brac
fragile et ludique, dont l'humilité extérieure est à la hauteur de la richesse
musicale.
9 Elvis Perkins - Ash Wednesday (XL/Musikvertrieb)
Héritier de Dylan et Cohen, le
fils d'Antony Perkins est un élève songwriter qui a de l'or au bout des doigts.
While You Are Sleeping, Ash Wednesday ou le plus enlevé All The Night Without
Love sonnent dès la première écoute comme autant de classiques, alliant instrumentations
dépouillées, arrangements subtils et chant au magnétisme tout en retenue.
8 Alela Diane - The Pirate's Gospel (Fargo/Irascible)
Sorti en Europe cet automne, le premier
album de cette jeune Californienne révèle une lointaine descendante de
Karen Dalton. Comme celle que l'on surnommait "Hillbilly Holiday",
Alela Diane pose une voix au teint soul sur des mélodies country rustiques, comme primitives.
Vaste et dépouillé, son univers esquisse des territoires
propices à l'imaginaire.
7 The Go! Team - Proof Of Youth (Memphis Industries/Universal)
Passé maître dans l'art du
bricolage, le collectif anglais colore ses brûlots hip-pop de cuivres vintages,
dignes d'une compilation de la Motown ou d'un film de Blaxploitation. Entre
l'urgence rock de Sonic Youth et la dextérité référentielle de The Avalanches,
The Go! Team explose les frontières entre les genres, pour donner naissance à
une bacchanale post-moderne.
6 Deerhunter - Cryptogramms (Kranky/Irascible)
Réconciliant pop psychédélique et
brutisme noisy, Deerhunter évoque un croisement réjouissant entre Spiritualized
et les premiers albums de Sonic Youth. Et si Cryptograms s'est imposé comme la
révélation du début d'année, le EP Fluorescent Grey qui complète l'édition vinyl enfonce le clou, emmenant la
musique de ces Américains vers des sommets qui laissent augurer le meilleur
pour la suite.
5 Arcade Fire - Neon Bible (Mercury/Universal)
Le challenge était
de taille: offrir un successeur à Funeral. Evitant la
(forcément) pâle redite, Arcade Fire opte pour
d'autres directions, sans renier ce qui fait sa force. De No Cars Go
à Intervention, on retrouve l'urgence et la fulgurance si
particulière du groupe, tandis que des chansons comme Ocean of
Noise ou (Antechrist Television Blues) révèlent les racines country, presque americana des Montréalais.
4 LCD Soundsystem - Sound Of Silver (DFA/EMI)
S'émancipant de la hype de
producteur qui lui colle à la peau, James Murphy ose devenir LCD Soundsystem,
créature étrange entre l'électronicien érudit et le crooner électrique.
L'entremêlement des percussions y côtoie des réminiscences new-wave et des
décrochages rock, pour un album fascinant et inusable.
3 Robert Wyatt - Comicopera (Domino/Musikvertrieb)
Libéré et organique, le barde à
la voix d'ange s'offre un opéra en trois parties, à la mélancolie variée.
Jamais ses mélodies n'ont semblé aussi riches et limpides, trouvant un
équilibre rare entre pop, jazz et incises électroniques. Accueillant dès qu'on
passe sa porte, Comicopera dévoile de nouveaux secrets à chaque couloir.
2 Patrick Watson - Close To Paradise (Secret City/Universal)
Révélation de l'année, le
songwriting délicat de ce Montréalais d'adoption trouve son inspiration auprès
de multiples sources. Pop, folk, electronica ou encore musiques improvisées
nourrissent des chansons à la richesse étrangement modeste, portées par une voix dont
l'élasticité aérienne confère au rêve en suspension. Un chef-d'œuvre précieux et intemporel.
1 Animal Collective - Strawberry Jam (Domino/Musikvertrieb)
Poursuivant la mutation pop
entamée sur Feels, le collectif américain donne naissance à son album le plus cohérent.
Les mélodies y gagnent en immédiateté, sans rien perdre de leur rugosité ou de leur goût du risque. Cris
primaux, rythmiques tribales et dérapages électroniques se frictionnent dans un
joyeux bordel, donnant au carnaval animal des allures de pop du futur.








Espérons que le Deerhunter ne soit pas le dernier car il est effectiveemnt excellent !
Rédigé par: lyle | 14/12/2007 à 16:45