Radiobored Certains croiront que j'ai une dent contre eux ou que je le fais exprès. En fait, même pas.
Passons sur le coffret qui n'arrive pas pour Noël, alors qu'un mail m'annonçait son départ en bateau début décembre. Peut-être qu'il a opté pour le vélo finalement. Car Radiohead respecte l'environnement. La preuve, pour les récentes interviews promotionnelles liées à la sortie "physique" d'In Rainbows, les journalistes conviés à Londres devaient venir de... Londres! Histoire de ne pas polluer inutilement le ciel par leurs voyages. Résultat, la seule interview pour la Suisse romande échut au Matin, grâce à un collaborateur londonnien, donnant ainsi lieu à un magnifique article avec citations de... 2300 signes (espaces compris). Oui pour préserver la planète, pour les cerveaux on verra plus tard.
Passons donc sur ce coffret qui n'est pas arrivé à temps pour les vacances, puisqu'internet m'a permis de télécharger la seconde partie d'In Rainbows. Une démarche presque logique au final, rappelant le téléchargement de la première partie (sauf que cette fois, je n'ai pas déboursé 5£, Rapidshare n'en a que faire). Comme pour In Rainbows premier du nom, me voici avec une poignée de MP3 et rien d'autre (remarquez, ils sont mieux encodés). Pas d'artwork, de livret, de pochette en .jpg. Rien. Une série de chutes de studio, de chansons en trop, reléguées à un disque bonus, une sorte de compilation de faces B. Une expression déjà entendue dans la bouche d'un ami (ni Nerd, ni exégète diplomé de la police du rock) au sujet d'In Rainbows: "On dirait une collection de faces B".
Pour Thom Yorke, il s'agit plutôt de leur Hunky Dory, leur Transformer, leur Revolver (selon une interview donnée à Spiegel). Rien de moins. Imaginons donc les trésors qui peuvent se cacher dans les faces B de tels chefs d'oeuvre. Imaginons, seulement. Car voilà, ce In Rainbows bis me fait le même effet que son prédécesseur. Un effet bof. Quelques bonnes pistes (Down Is The New Up, au tempo ralenti mais aux arrangements de cordes intéressants, Last Flowers, jolie ballade malgré de faux airs de Karma Police dans sa seconde partie), quelques trucs anecdotiques (Mk1, Mk2 et, dans un registre moins foutage de gueule, Up On The Ladder) et un gros raté (Bangers And Mash qui démarre comme une réminiscence pop d'Atrocity Exibitions de Joy Division pour évoquer ensuite un plantage à la Pop Is Dead). On est quand même loin des fonds de tiroirs des Beatles.
Une bonne excuse pour revenir à l'original et revoir un brin mon jugement. Videotape est un petit bijou, Jigsaw Falling Into Place une sucrerie pop aux aspérités aigres-douces et même 15 Steps révèle un ou deux loopings propices à un brin d'enthousiasme, quoique flegmatique. Reste que c'est bien peu. Je vais donc la jouer Dr Frankenstein et raccomoder le tout pour en tirer une liste de lecture In Rainbows pour mon iPod, mêlant les morceaux éliminés au casting et ceux présents dans la version finale, distribuée dans les bacs par XL. Quant au coffret, il ira très bien pour la déco, même si 40£ c'est un peu chéros.








Yeah, Silver Apples au sommet! Mais connaissez-vous The United States of America, ou White Noise? Longue vie aux oscillateurs!
Rédigé par: Fauve | 17/06/2008 à 07:37
Serait curieux de savoir ce que vous pensez de ça :
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=367648780
ça s'appelle "Bleeding Hearts Syndicate"
Rédigé par: Didier | 20/06/2008 à 17:03
Puisque personne ne le demande, voici mon avis: je n'ai pas encore écouté In rainbows 2. Mais le premier volet est juste le meilleur album de Radiohead, jusqu'ici. La simplicité apparente des chansons, si on daigne "y revenir" comme vous dites si bien (parce qu'il faut toujours y revenir), cache une richesse et une audace musicale vraiment fascinante. Chaque chanson a son point d'orgue, son sample, ses ruptures, ses virages impossibles, ses notes imaginaires qui transcende le tout. Des notes impossibles, des murmures tonitruant et des souffles retenus avant de replonger dans une matrice musicale enveloppante. Le tout nimbé d'une étonnante sérénité que n'efface ni la noirceur d'un videotape, ni la fièvre de Jigsaw... Réécoutez seulement la manière dont éclatent les rires des enfants dans 15 steps. Ou encore comment la basse plonge brutalement Nude de la béatitude à la noiceur au bout de seulement 40 secondes avant de trouver un nouvel équilibre quelques instants plus tard. Essayez seulement de vous rejouer dans la tête la petite séquence de guitare folk qui introduit Jigsaw, et ne me dites pas que c'est de la musique "facile". Enfin, si vous n'êtes pas convaincus, remettez vous un pt'it coup Bodysnatchers : avec ses accents punk, cette chanson à elle seule réussit le tour de force d'être à la fois totalement décalée avec le reste de l'album, et... ma foi, totalement cohérente ! Vous voyez bien : ces gens là font ce qu'ils veulent.Maintenant, si vous me dites que le second opus est presque aussi mauvais que le premier, je suis aux anges.
Rédigé par: Kitano | 11/08/2009 à 10:01