Weezer - "The blue album"
Il y a des disques qui surprennent parfois en vieillissant. On pensait qu'ils s'èpuiseraient vite, qu'ils ne feraient qu'un temps ou qu'ils se démoderaient. Et pourtant on y revient, avec un peu de nostalgie, mais beaucoup de plaisir. Le premier album de Weezer en est un exemple parfait.
Comme pour Grace de Jeff Buckley, c'est sur la foi d'un vidéo-clip que je l'ai acheté. Mais cette fois, il ne s'agissait pas d'une chanson entendue une fois, presque par hasard. Buddy Holly passait plutôt en rotation lourde sur MTV. Un matraquage qui devait autant à l'immédiateté mélodique de la chanson qu'à l'originalité du clip, signé Spike Jonze, projetant littéralement Weezer dans un épisode de la série Happy Days (à tel point que la vidéo se cacherait en bonus de Windows 95 une année plus tard).
Contrairement à d'autres albums achetés à la même époque sur la foi d'un tube - au hasard Pablo Honey de Radiohead ou Dookie de Green Day - j'écoute encore ce premier Weezer. Plus étrange, ce sont les mêmes chansons aujourd'hui qui me font revenir au disque, pas forcément pour les mêmes raisons. Buddy Holly, bien sûr, mais aussi My Name Is Jonas, Surfwax America ou Only Dreams. Ce dernier titre, long de huit minutes, a d'ailleurs sans doute joué un rôle dans ma fascination pour le post-rock quelques années plus tard, privilégiant déjà un long crescendo construit autour d'un motif obsédant.
Ce qui fait la force de cet album, c'est sa faculté jamais - ou presque - réentendue depuis à mixer college-rock et pop sucrée à souhait. Une prouesse sans doute due à la production de l'ex-Cars Rick Ocasek, mais également à l'écriture de Rivers Cuomo, nerd ultime de l'ère pré-Internet (un étudiant bigleux, fan de Puccini, qui aurait enfilé maladroitement un costume de rock star). Guitares saturées et mélodies délicates cohabitent à merveille, comme sur l'insurpassable My Name Is Jonas, balancé dès l'ouverture de l'album.
A cet équilibre miraculeux s'ajoute un souffle rock jouissif. J'ai récemment passé quelques soirées chez un collègue, scotché à la Wii de son fils, accroché à Guitar Hero 3. Coincé entre Paint It Black et Welcome To The Jungle, My Name Is Jonas trouve sa place dans ce Hall of fame de jeu vidéo et c'est un vrai plaisir que d'y tenir la six-cordes virtuelle. Un sacre qui colle presque à celui offert à Weezer au début des années 2000. Porté disparu après l'injustement méséstimé Pinkerton, le groupe de Rivers Cuomo a rattrapé le succès grâce à une triplette d'albums inégaux, contenant tout de même quelques fulgurances. Une reconnaissance tardive qui donne plus encore l'envie de réécouter ce premier essai, réédité en version Deluxe pour ses dix ans.














A noter aussi, la récente compil de démos de Rivers Cuomo, où il y a à boire et à manger (la reprise d'Ice Cube, hum...). Mais oui, mille fois, oui, ce "Blue album" (et "Pinkerton", et même le "Green album", soyons fous!) sont des albums d'île déserte, inépuisables. Mais la seule question vraiment essentielle est: parviens-tu à finir, sur Guitar hero, My name is Jonas en mode Expert? :-)
Rédigé par: jean | 22/02/2008 at 08:12
J'ai aussi une faiblesse pour ce Blue Album mais je n'ai jamais su si c'était par nostalgie ou pour les qualités réelles de cet album.
Rédigé par: Mathieu | 22/02/2008 at 10:29
@ Jean:
Pour l'instant, je n'ai joué qu'en mode facile. Mais j'ai réussi à terminer "My Name Is Jonas"
Rédigé par: Christophe | 22/02/2008 at 14:38
Weezer, j'avais donc bien deviné!
C'est vrai qu'il est vraiment bien cet album. Je me rappelle l'avoir acheté en même temps que le premier Foo Fighters... Marrant de voir que je continue d'acheter leur disques, même si ces deux groupes sont de moins en moins bons (surtout le deuxième...). C'est grave docteur Schenk?
@ jean:
Pour moi, Pinkerton est le chef d'oeuvre de Weezer, ou plutôt de Rivers Cuomo vu sa réputation de control freak.
Rédigé par: Guillaume | 22/02/2008 at 15:58